Ce n'est pas trivial de créer et de distribuer une application mobile pour des municipalités. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, lorsqu'on développe pour une municipalité, même si l'on a un donneur d'ordre, il faut considérer que l'on a, en réalité, trois clients d'égale importance.
Les voici :
1. Le politique
Le donneur d'ordre sera généralement la ou le bourgmestre, ou une/un échevin(e). L'application que l'on développe doit emporter l'assentiment du Collège communal, et si possible, du Conseil communal dans son ensemble. Cela peut nécessiter du temps, mais il est essentiel de prévoir des phases de test en cercles concentriques, incluant les élus (et leurs proches s'ils le souhaitent), des responsables de l'administration, avant la mise à disposition à l'ensemble de la population.
2. La population
Le deuxième client, de facto, c'est la population. Une bonne application est une application qui rencontre un succès populaire ! Elle doit être téléchargée, utilisée, et bien notée sur les stores.
Comment faire pour remporter l'adhésion de la population ? L'application doit offrir des services utiles, qui ne sont pas disponibles ailleurs, ou qui le sont moins facilement. La géolocalisation et les notifications push doivent être utilisées à bon escient.
Il ne s'agit pas de multiplier les services rien que parce qu'ils peuvent être disponibles techniquement. Chaque fonctionnalité doit répondre à une préoccupation réelle de la population.
Et surtout, l'expérience utilisateur doit être satisfaisante ! C'est primordial. L'UX et l'UI (l'expérience utilisateur et l'interface utilisateur) doivent être réfléchies dès la phase de conception : l'application doit être ergonomique, simple, intuitive et agréable à utiliser. Les règles de l'UX/UI sont codifiées, et elles correspondent souvent à des ressentis inconscients chez les utilisateurs. Ce sont ces ressentis qui vont conditionner, de façon déterminante, l'usage — ou non — de l'application.
3. Les services communaux
Enfin, le troisième client, dans le développement d'applications mobiles pour les municipalités, ce sont les services communaux.
Derrière la qualité de l'information proposée dans l'outil, il y a des agents, qui ont déjà une charge de travail importante. Il faut veiller à ne pas l'alourdir.
L'application doit, autant que possible, se connecter à des sources d'information existantes, voire être capable de déclencher des actions sur la base d'attributs déjà en place.
Plus c'est simple, plus l'information sera à jour, et plus la satisfaction des utilisateurs/citoyennes/citoyens sera grande. Et c'est notre responsabilité partagée quand on développe une application mobile municipale.
Enfin, même en tant que développeur, j'aime rappeler que les applications et le numérique ne remplaceront jamais le contact humain. Les outils numériques municipaux peuvent — et doivent — parfois renvoyer vers un contact direct, que ce soit avec l'élu.e ou avec l'administration. Une bonne application est une application qui renforce le lien entre la commune et les citoyennes et les citoyens.
Fondateur de Mosa Data Engineering